le premier ramadan du jeune

Le Premier Ramadan Du Jeune

11, 12 ou 13 ans c’est déjà l’âge de puberté. Les jeunes musulmans se mettent au jeûne « presque » malgré eux.Pour tout enfant, la puberté est synonyme de passage à l’âge adulte. Pour cela, elle est généralement vécue avec beaucoup de joie et d’appréhension. Chez les musulmans, la puberté implique également l’obligation du jeûne. Ce dernier est l’un des cinq piliers de l’Islam. C’est pour cette raison que les parents musulmans veillent à inculquer l’esprit et la pratique du jeûne chez leurs enfants dès le plus jeune âge. En effet, tous les enfants, même les plus jeunes, aiment faire le Ramadan. C’est une occasion pour eux d’imiter leurs parents, qui, généralement, les encouragent à le faire, en leur proposant de jeûner des demi-journées et de les coller après !
Ikhlass, 12 ans, est passée par le même rituel également, avant d’avoir ses premières menstruations trois mois avant le Ramadan. Heureuse et surtout très excitée de faire le jeûne pendant tout le mois, pour la première fois comme une grande, la jeune fille a rapidement perdu son élan. Dès la première semaine du Ramadan, les journées du jeûne, qui coïncident avec le mois d’août, se sont révélées être longues et difficiles. La jeune fille n’arrive pas à se réveiller pour le shour et du coup, elle commence à avoir faim dès le début de l’après-midi. «Il est difficile pour moi de se réveiller à 3 heures du matin, pour manger. Donc, ma mère me prépare le diner à 1 heure, comme ça, je fais une nuit de sommeil complète.

Mais, je commence à avoir faim dès la fin de la matinée», raconte-t-elle. «C’est normal d’avoir faim à son âge, les journées sont longues et elle est en pleine croissance. Mais ce qui est le plus difficile pour elle reste le manque de sommeil, partie intégrante de ce mois sacré», indique Nadia, la maman d’Ikhlass. Avant d’ajouter: «Pendant le Ramadan, c’est la spiritualité qui prime. C’est ce que j’essaie d’apprendre à ma fille. Supporter la faim et la fatigue est une manière de purifier l’âme. C’est également une occasion de se construire une forte relation avec Allah. C’est pour cela que j’essaie de l’aider comme à remplir son devoir de musulmane, tout en prenant en considération son jeune âge et ses envies». Le psychologue Mohcine Benyachou partage également la même opinion. «La force est surtout psychique et non physique. C’est pourquoi, pendant le mois de ramadan, le jeune comme l’adulte découvre ses véritables forces et capacités psychiques. Ainsi la personne peut faire des efforts inimaginables tout en étant à jeun, alors qu’habituellement elle ne peut même faire le tiers de cet effort», affirme-t-il. Pour Amine, 12 ans, dont c’est le premier Ramadan obligatoire aussi, les journées de jeûne sont supportables, malgré leur longueur et la chaleur de l’été. «Je fais le jeûne depuis mon jeune âge. J’ai commencé par jeûner des demi-journées, avant de faire des journées entières depuis deux ans», souligne-t-il, fièrement.

En effet, plusieurs parents encouragent leurs enfants à commencer jeûner dès l’âge de dix ans, afin de les habituer. Mustapha, le père d’Amine, est tout aussi fier de son fils. «Nous avons basé notre éducation sur la religion. Nous ne voulons pas que notre fils Amine considère le jeûne ou la prière du Ramadan comme une corvée. C’est pour cela que nous lui avons enseigné, dès le plus jeune âge, l’importance de la prière et du jeûne et nous essayons toujours d’être de bons modèles pour lui», explique-t-il. Selon le docteur Benyachou, la foi des jeunes dépend de leurs croyances, du contexte familial, de leurs parents surtout de leur entourage et de leurs camarades. D’autres enfants, ne supportant pas la faim et la soif, considèrent le jeûne comme une corvée.

C’est le cas de Mouad, 13 ans. Au cours du mois de Ramadan, il apprécie le temps qu’il passe avec ses cousins, amis et voisins. Il aime surtout le fait de pouvoir veiller plus tard que d’habitude, de profiter des invités et de l’abondance de nourriture. Il attend avec impatience le jour de l’Aïd-el-fitr en raison de l’argent qu’il va collecter… mais jeûner reste difficile. «C’est très difficile de faire le Ramadan en août. Je ne suis pas habitué à jeûner un mois entier. En plus par malchance, mon premier Ramadan après puberté, tombe en plein été. Pendant les journées, je vais avec mes amis à la plage, donc je résiste difficilement à la tentation de boire de l’eau», se lamente-t-il. Cependant, le cas le plus grave est celui de Yousra, 11 ans. La jeune fille pubère depuis à peine un mois, mange en cachette de ses parents. «J’ai trop faim pendant la journée. Je n’arrive pas à supporter les longues journées de jeûne. Je ne pense pas que je fais quelque chose de mal.

Dieu va sûrement me pardonner. Par contre, ce sont mes parents qui me font peur. S’ils découvrent que je mange pendant le Ramadan, ils vont me punir», lance-t-elle.

«C’est le degré de la croyance qui explique le comportement de chacun»
L’avis du psychologue, Mohcine Benyachou. L’Islam à l’encontre d’autres doctrines, responsabilise le jeune dès la puberté devant Allah et selon notre religion le jeune pubère devient adulte et responsable. C’est pour cette raison qu’il doit jeûner et prier. Ainsi le premier ramadan pour le jeune est un signe d’appartenance au rang des adultes et de sortir du cadre des mineurs irresponsables. C’est donc une véritable conception très particulière et très originale, puisqu’à l’inverse, en Occident les jeunes sont nommés des «mineurs». Ce mot dévalorise la personne.
Le premier jour du Ramadan constitue pour le jeune un nouveau départ dans le monde des grands et des responsables. C’est donc un jour qui porte beaucoup de significations: nouveau départ et nouveau statut. Pourtant, actuellement, il y a de plus en plus de jeunes qui ne font plus le Ramadan.

Ce constat est très alarmant, il traduit le conflit des jeunes avec leur propre culture, leur identité et leur religion. Ils ne croient plus aux obligations religieuses et même certains réclament de manger en plein Ramadan. Donc ceux qui continuent à le faire, il faut les encourager et les féliciter par de bonnes mesures: en préservant leur sommeil, en insistant sur l’importance du shour et en veillant à leur repos physique. Certes les premiers jours sont difficiles pour tout le monde, mais rapidement l’organisme s’habitue. Le jeûne ne constitue aucun danger pour les jeunes sauf bien sûr pour ceux qui sont malades et donc incapables de jeûner. Le Ramadan est donc l’occasion de découvrir ses véritables capacités physiques.

Je suis psychiatre psychothérapeute qui offre la psychothérapie individuelle pour les enfants, les adolescents et les adultes; les couples et la thérapie familiale; orientation parent; thérapie sexuelle; le soutien de divorce; et la surveillance à d’autres professionnels de la santé mentale et des professionnels en formation.
Je pratique la psychothérapie depuis plus de 30 ans et une expérience de travail avec un large éventail de questions.

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