garçon manqué-fille manquée

garçon manqué – fille manquée

A partir de l’âge de trois ans, l’enfant commence à se découvrir. Mais garçon et fille ne vont pas vivre cette découverte de la même façon.

Pour la fillette, la maman demeure le premier et unique modèle à suivre. Même si parfois elle ne lui ressemble pas, elle peut de toute façon continuer à s’y identifier. Pour le garçon, c’est un peu plus difficile. Mais en général, après la séparation avec la mère, petit à petit, il commence à trouver en son père l’exemple à suivre.

Parfois, la règle change et c’est le contraire qui se passe. Comme dans le cas de Souad, une maman qui ne comprend pas le comportement « masculin » de sa fille de 5 ans. «Hier la maîtresse me disait qu’elle avait fait deux groupes de jeux, un groupe de filles avec poupées et cuisine et un groupe de garçons avec voitures et ballon. Les petits devaient occuper leur place autour des petites tables, Khaoula a choisi la table où il n’y avait que des garçons», confie-t-elle. Si Souad ne comprend pas ce comportement, Hanane est inquiète pour la conduite «féminine» de son petit Adam. «Mon fils m’inquiète. J’ai comme l’impression qu’il est un peu trop efféminé. Très sensible, Adam adore les vêtements à la mode, très soigneux et surtout de plus en plus maniéré dans sa façon de parler et de bouger. Il a sept ans et préfère jouer à la marelle avec les filles», raconte-t-elle. En effet, parfois, et contrairement à la normale, la fillette devient peu féminine et ne prend du plaisir qu’en jouant à des jeux de garçons ! Elle se convertit en un véritable garçon manqué. Et le garçon fait beaucoup attention à son physique et s’intéresse plutôt aux jeux de filles.

«J’invite les parents à bien observer le comportement des enfants. Il existe beaucoup de facteurs qui peuvent entraver ce processus de structuration et d’identification. Par exemple, un père violent poussera la fille à s’identifier à un garçon.
Ce dernier peut faire pareil si la mère est violente », explique Dr Mohcine Benyachou. «Aussi une mère hyper protectrice ou un père hyper protecteur peuvent aussi être à l’origine. D’autres facteurs comme l’inceste et les abus sexuels peuvent faciliter une féminisation du garçon ou la masculinisation de la fille. Le conflit conjugal et la qualité des relations entre le couple sont aussi de véritables facteurs prédisposants », ajoute-t-il.

En effet, les comportements de chaque membre de la famille jouent un rôle très important dans l’acquisition de la sexualité d’un enfant. Si on prend par exemple le cas d’un homme qui bat sa femme. Témoin de cette violence, un petit garçon voudra devenir une femme et refusera d’être un homme parce qu’à ses yeux ce dernier est «méchant et méprisable».
Il faut donc penser avant tout à offrir un contexte sain et équilibré pour que l’enfant puisse s’y épanouir.
Hanane avoue ne pas savoir comment réagir face au comportement de son petit. «Je ne sais pas si cette situation est passagère et que je dois laisser aller ou bien il faut que je force la main à ce sujet», témoigne-t-elle.

Ce comportement, certes troublant, peut se révéler tout à fait anodin. Avant d’énoncer un verdict, les parents doivent observer la façon dont se comporte leur bambin. Mais il faut quand même prendre les choses en main tout en expliquant calmement à son enfant que ce qu’il fait est habituellement réservé au sexe opposé. Mais pour que le message soit compris et définitivement adopté, il est préférable que le parent qui passe le message soit du même sexe que l’enfant concerné.
Il est aussi préférable de ne pas appliquer les interdictions. Ces dernières risquent de provoquer l’effet inverse à celui désiré.

Il suffit en effet d’interdire quelque chose à un enfant pour qu’il fasse tout pour l’obtenir. Il faut alors discuter avec son enfant sagement afin de connaître les raisons de son comportement.
Il faut essayer de le convaincre en trouvant avec lui un modèle à suivre comme un héros de dessins animés, ou un champion de football ou d’arts martiaux pour les garçons ou bien une héroïne de série télé très appréciée pour les filles.

Le vestimentaire des garçons manqués
«Lorsque nous sortons pour faire les magasins, ma fille (7 ans) se dirige toujours vers les articles masculins. Je fais mon possible pour la convaincre de prendre une jupe ou une robe mais rien à faire. Elle insiste toujours sur les pantalons de garçons», lance Wafâa. En effet, une petite coupe de cheveux et les vêtements masculins sont les premiers signes pour définir un garçon manqué. Il s’agit en général de filles «agitées et spontanées» qui sont plutôt attirées par les jeux du sexe opposé, leur façon de se comporter, leur façon de s’habiller et qui ne cherchent pas à le cacher. Généralement, cette envie de ressembler aux garçons commence à s’évaporer après l’adolescence. «Etant petite, on me surnommait «pirata» à cause de mon comportement et de mon style vestimentaire un peu trop masculin. Je n’aurai jamais cru qu’un jour je me conduirai comme une véritable femme. En tout cas, j’en garde de bons souvenirs», raconte Asmâa.

EXPLICATION : MOHCINE BENYACHOU 

En absence de réactions, ce comportement ne peut que se consolider à l’adolescence . Face à un garçon manqué ou une fille manquée, faut-il s’inquiéter ?

On assiste malheureusement à une banalisation de ces faits comme si rien de grave ne se passe. On utilise même beaucoup de paroles pour en rire publiquement ce qui aggrave et complique les choses et entrave le processus thérapeutique. Pire, certains parents approuvent ce genre de comportements, ce qui est dangereux. A mon avis, il faut s’inquiéter et même s’alarmer quand on voit un garçon manqué ou une fille manquée. Il faut vite réagir dans le bon sens pour diriger le processus d’identification. Le rôle des parents et déterminant et protecteur, ce qui exige un esprit attentif et veillant lors du développement de l’enfant.

Comment faut-il réagir ?

Il faut d’abord éviter tous les facteurs pouvant altérer les processus d’identification, notamment les conflits conjugaux, l’hyper protection des enfants… Par ailleurs, en cas de constatation et de persistances de garçon manqué ou une fille manquée, il faut réagir en urgence et surtout ne pas banaliser les faits qui sont très graves. Essayez d’analyser les choses en cherchant les facteurs aggravants et l’absence d’amélioration.
Parfois, la situation peut être tellement compliquée qu’il faut s’orienter vers un médecin spécialiste pour essayer d’analyser, de comprendre, de trouver un diagnostic, car ces problèmes d’identité peuvent être en rapport avec des causes profondes parfois graves comme dans le cas d’une psychose ou d’un abus sexuel ou autre chose. Il ne faut pas avoir peur du psychiatre dont le travail est d’aider vos enfants.

Ce comportement peut-il persister jusqu’à l’âge adulte ?

En absence de réactions et de réponses adaptées des parents et de la société, ce comportement ne peut que se consolider à l’adolescence. Dans ce cas, cela peut être une phase tardive pour essayer d’équilibrer les choses et de permettre un réaménagement car, à cette période, l’identification est déjà bien structurée. De plus, on assiste à une libéralisation et à une inversion des concepts autour des identifications ce qui crée souvent des confusions.

Je suis psychiatre psychothérapeute qui offre la psychothérapie individuelle pour les enfants, les adolescents et les adultes; les couples et la thérapie familiale; orientation parent; thérapie sexuelle; le soutien de divorce; et la surveillance à d’autres professionnels de la santé mentale et des professionnels en formation.
Je pratique la psychothérapie depuis plus de 30 ans et une expérience de travail avec un large éventail de questions.

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